Le ministère de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies organise, le 14 juillet au centre international de conférences Mohammed VI à Skhirat, la 9ème édition de la journée nationale du commerce et de la distribution. Initiée sous le thème "le secteur de l'industrie et de la distribution : nouvelles donnes et aspirations", cette rencontre sera l'occasion de faire le bilan des réalisations du programme "Rawaj" et de débattre de l'avenir du secteur, indique un communiqué de ce département. Le secteur du commerce intérieur connaît dernièrement des mutations importantes liées au changement du mode de consommation des ménages mais également à l'amélioration de leur niveau de vie. Ainsi, ce secteur à forte connotation domestique est appelé à jouer un rôle déterminant dans le maintien de la croissance économique en drainant la consommation des ménages.
Le commerce intérieur revêt une importance particulière de part sa contribution qui s'est élevée à 11,6% du PIB en moyenne annuelle sur la période 1998-2008. Son importance provient également de sa contribution dans l'emploi avec une part annuelle moyenne de 12,1% de la population active occupée sur la période 1999-2008. Cependant, un gap, entre le niveau de croissance du secteur par rapport à celui de l'économie nationale, est appelé à être comblé. En effet, ce secteur a enregistré un taux de croissance annuelle moyenne de 3,5% sur la période 1998-2008 contre 4,3% pour le PIB. Par conséquent, ce secteur est amené à améliorer son dynamisme en tirant profit de l'appréciation du niveau de vie des ménages ainsi que de la croissance de leur consommation qui s'est consolidée de 4% en moyenne annuelle durant 1998-2008. Cette évolution est le résultat du maintien du dialogue social conjugué à la maîtrise de l'inflation qui est restée en deçà de 2% en moyenne annuelle durant 1998-2008.
Cette tendance est prévue d'être maintenue en 2010 suite à la dissipation des pressions inflationnistes qui étaient exercées par les niveaux élevés des prix des produits de base notamment les produits frais. Par ailleurs, l'accès des ménages au financement s'est élargi en accroissant, ainsi, la demande adressée à ce secteur. En effet, selon Bank Al Maghrib, l'encours des crédits à la consommation à fin juillet 2009 s'est élevé à 28,7 MMDH, soit une hausse de 22,8 % par rapport à la même période de l'année précédente. Toutefois et d'après les chiffres de l'Association professionnelle des sociétés de financement (APSF), les sociétés de crédit à la consommation ont accordé, au titre de 2009, moins de crédits qu'en 2008.
La production s'est rétractée de 3,5% à 16 MMDH, correspondant à un nombre de dossiers de 581.542, contre 608.546. Sur ce total, la production des prêts affectés a reculé de 2,2% à 6,5 MMDH et celle des prêts non affectés de 4,4% à 9,6 MMDH. Dans ce cadre s'est inscrit le plan Rawaj 2008-2020 en ayant comme axes prioritaires d'assurer au consommateur l'accès à l'offre de produits et d'accompagner les acteurs du commerce dans leur développement. Ce plan compte porter de 12% à 20% la part du secteur du commerce dans le PIB et de créer 450.000 emplois à l'horizon 2020. A l'échéance 2012, le plan prévoit de porter la valeur ajoutée du secteur à 98 MMDH et de créer plus 200.000 emplois.
Pour une stratégie efficiente et axée sur les résultats, le secteur a été segmenté en quatre activités ayant chacune ses propres spécificités et problématiques.
La grande distribution, avec 49 hypers et supermarchés qui représentent 8% à 10% du commerce de détail, emploie environ 8.000 personnes pour un chiffre d'affaires estimé à 10 MMDH. Le commerce en réseau et la franchise se caractérise par près de 2000 points de vente représentant 310 réseaux principalement dans l'habillement et la restauration. Quant aux espaces publics marchands, ils sont constitués de marchés de gros (30 marchés de gros officiels pour un volume de marchandises d'environ 3,5 millions de tonnes), des abattoirs et des halles aux poissons sous la responsabilité des communes. Le commerce indépendant (gros, demi-gros et détail) est représenté par 180000 épiceries de quartier pour un chiffre d'affaires estimé de 100 à 125 MMDH.
Parmi les mesures les plus importantes, il y a lieu de citer le développement du commerce de proximité qui concerne les deux derniers segments. Pour concrétiser cet engagement au niveau du commerce de proximité, un fonds de développement du commerce et de la distribution, de 900 MDH, a été créé dont 100 MDH ont été débloqués. Le but étant de mettre à niveau et de restructurer les espaces commerciaux à travers l'encouragement des petits commerçants à se regrouper au sein de réseaux modernes au niveau de la gestion. Il est à noter que 9 projets de réhabilitation des espaces commerciaux ont été soutenus sur un total de 25 projets. En plus, des études de redéploiement des marchés de gros des fruits et légumes ont été lancées ainsi que le déclenchement des travaux de trois zones commerciales à Oujda, Méknès et Nouaceur.
Au-delà de la cohérence de ces actions avec le mode de consommation des ménages, cette mesure s'avère pertinente en considérant la proportion de l'informel dans ce secteur. En effet, dans la mesure où les premiers résultats de l'enquête nationale sur le secteur informel 2006/2007 confirment celles de 1999/2000, 52,8% des unités de production informelles53 sont dans le commerce et réparation. De plus, l'emploi dans ce secteur est exclusivement informel avec une part de 91,2% dans l'emploi total de ce secteur.
Nouvelles opportunités
En plus du développement du secteur, l'opportunité qui pourrait ressortir du Plan Rawaj est d'élargir l'assiette fiscale en augmentant la part d'affiliation des salariés de ce secteur et d'assainir la comptabilité des entreprises y afférente. En effet, le secteur du commerce et réparation, qui emploie 48,2% des actifs occupés dans l'informel, contribue à 77% au chiffre d'affaires global dégagé par le secteur informel. En somme, le secteur du commerce pourrait avoir une contribution non des moindres dans la croissance économique, tirant profit de l'amélioration du niveau de vie des ménages. Par ailleurs, le secteur est appelé à jouer un rôle déterminant dans l'amélioration de la qualité de service, l'assainissement de la fiscalité lui afférente et la constitution d'un contrepoids déterminant, face à la baisse de la demande extérieure, maintenue par une évolution soutenue de la demande des ménages.
Le Matin 12/07/2010